dimanche 22 juillet 2012

Derniers instants dans le Western Australia

Aujourd’hui, nous sommes dimanche : cela faisait presque 1 mois et demi que je n’avais pas eu un jour sans avoir à travailler. Du coup, j’en profite pour écrire un petit quelque chose sur le blog ! Lundi dernier j’ai quitté la ferme « Lazy River » de Michelle après y avoir séjourné 45 jours quasiment non-stop ! J’y ai passé un bon moment, et j’ai eu une la chance d’être contacté par une ferme du coin me demandant de les aider jusqu’à ce que je parte dans le Queensland. Cette nouvelle ferme est très très différentes, vraiment énorme, car… 9500 moutons et agneaux ! Il y a beaucoup de travail, c’est intéressant mais c’est un autre rythme qu’auparavant : il faut être efficace et rapide à la fois. On me demande quatre heures de travail par jour, cinq jours par semaine, mais ça s’est transformé dès le premier jour en 6-7 heures de travail par jour (ainsi que samedi !). Du coup je suis carrément naze !
Il faut dire que ce fut une semaine chargée pour la famille aussi : C’est la période où on tague les agneaux de cette année, nés entre mai et juillet… et d’autres choses un peu ragoutantes que je ne préfère pas étaler ici.
A côté de la maison il y a deux jeunes agneaux, jumeaux, dont la mère est morte, dont on prend soin trois fois par jour. Ils sont vraiment adorables, ils nous prennent pour leur mère, en nous suivant un peu partout, comme des petits toutous ! On leur donne le biberon et quelques protéines dont ils ont besoin pour être en bonne santé.
Nous nourrissons les troupeaux trois fois par semaine, et ça nous prend environ trois heures à chaque fois. Cette année est rude pour les éleveurs de la région, car il n’y a pas, ou peu, de pluie (les nuages sont apparemment restés en France !), et donc peu d’herbe à manger pour le bétail. Nous sommes à mi-juillet, et je n’ai pas vraiment assisté à un réel hiver, alors que nous sommes censés être au beau milieu d’un mois humide ; nous avons le mois le plus sec depuis 118 ans. Seules les températures rappellent la saison : entre -2 et 5°C la nuit, et entre 13 à 20°C la journée. Par contre, la côte Est (Sydney, Melbourne, etc.) est bien servie en pluie cette année, mais c’est à 3000 ou 4000 kilomètres d’ici, rien à voir.
Actuellement, ce sont les vacances d’hiver des enfants, ils ont 3, 9, et 11 ans, et ont déjà leur moto 50cc et leur quad pour se rendre d’un point à un autre le plus rapidement possible. Ils nous aident à déplacer les troupeaux d’un paddock à un autre en fonction des besoins. Les chiens nous aident bien aussi, à part le plus vieux qui a la fâcheuse tendance à mordiller les moutons, par conséquent nous le laissons dans le ute attaché, et il aide à sa manière, en aboyant. Le ute, c’est l’utilitaire australien : souvent en mode 4WD (4x4), c’est un genre de pick-up mais légèrement plus petit et plus bas (le pick-up est américain, le ute est australien). Le plus âgé des enfants nous ramènent lapins (pour nourrir les chiens) et perroquets (pour attirer les renards dans les pièges) avec sa carabine à air comprimé. Il est vraiment doué : l’autre soir, en 15 minutes il a rapporté quatre lapins sans en manquer un seul ! Il a un bel avenir ce gosse ! Vu que ce sont les derniers jours avant la rentrée scolaire, j’ai préparé ce week-end un hachis Parmentier et des crêpes, les enfants ont adorés, héhéhé… tu m’étonnes !



Les races ovines que l’on trouve principalement en Australie sont les Mérinos et Suffloks ; les éleveurs d’ici commencent à importer les Ile de France, reconnus pour leur bonne qualité de viande et qualité maternelle. Dans la ferme dans laquelle je me trouve, ils en ont déjà environ 80 « purs », et comptent bien agrandir leurs troupeaux au fil des années futures. Avec 80 têtes aujourd’hui, ils sont les seconds plus grands éleveurs d’Ile de France de la région ! C’est dire si cette race n’est pas encore beaucoup présente en Australie ! Mais les agriculteurs m’ont confié que c’était leur avenir à long terme s’ils voulaient rester sur le marché. Ils n’en auraient pas encore en Nouvelle-Zélande mais peut-être que cela viendra à l’avenir. A ce jour c’est grâce aux Mérinos que le éleveurs néo-zélandais concurrencent aisément les éleveurs européens sur notre marché : viande de moins bonne qualité certes, mais radicalement moins chère que la viande européenne, malgré son transport. Et malheureusement, je pense que le consommateur européen se moque de plus en plus de la qualité et ne regarde plus que le tarif ! C’est triste à dire, et d’autant plus inquiétant pour l’avenir des éleveurs européens et français !
Au programme de la semaine prochaine, je reste 3 jours à Perth, où j’irai voir le nouveau Batman au cinéma (oui, je m’offre une soirée ciné… environ l’équivalent de minimum 15€ la place, ce n’est pas donné !!!), petit dej’ avec les anciens collègues,  restau avec Jean-Gab et Kerry, et éventuellement une partie de tennis. Et enfin je décolle pour Brisbane lundi soir. Tout est rentré dans les cases de la planif du week-end ! Même si j’aime beaucoup la ferme du moment, j’ai hâte d’aller dans le Queensland !


PS : J’ai dépassé les 88 jours nécessaires à la demande de second Visa, à la fin de mon séjour ici, j’envoie ma demande au service d’immigration ! Piece of cake...!

vendredi 29 juin 2012

La planif à moyen terme

Avec l'aide de Michelle, j’ai contacté Singapore Airlines cette semaine, afin de faire modifier la date de mon billet d’avion vers la France qui était fixée à une date « bidon », au 15 juillet prochain. Évidemment le 15/07 c’est beaucoup trop tôt, c’est dans 2 semaines !! J’ai bien entendu décidé de rentrer en France à la fin de la validité de mon premier visa, c’est-à-dire fin septembre. Et en plus, je m’offre une halte de 5 jours à Singapour. Tant qu’à faire, cette halte ne me coûte que $28 (en $ de Singapour), je n’ai même pas vérifié à combien ça me revenait en $AUS !! Si ça se trouve c’est $500 !!... oups… Nan je pense que ce n’est pas grand-chose, car la personne au bout du fil m’a confié que les éventuels changements suivants me coûteraient $20 US, ce qui revient à $20 AUS, c’est-à-dire trois fois rien (grosso modo 16€).
Quoi qu’il en soit, c’est chouette, je vais pouvoir visiter la ville de tous les interdits, et tenter d’enfreindre la loi en mâchant un chewing-gum dans la rue !! Puis peut-être aller aux Universal Studios, à l’Exhibition Museum, etc.


Deux des Shires de Michelle


A plus court terme, je vais quitter la ferme de Michelle une semaine plus tard que prévu, elle m’a dit que je pouvais rester plus longtemps, alors je lui ai répondu une semaine mais pas plus, car je souhaiterais aller dans le Queensland après ; ce qui fait que je partirai d’ici aux alentours du 10 juillet. Je vais commencer à chercher des fermes aux alentours de Cairns. En cette saison, c’est comme en été là-bas : 30°C la journée et 18°C la nuit, et soleil tout le temps ! Cairns est à l’autre bout du pays, genre à 4000 kilomètres de là où je me trouve actuellement, vers le nord-Est. A l’échelle de la France c’est sûr que ça peut paraître loin, mais en fait, ce n’est qu’à cinq heures d’avion, ça se fait facilement. Et si je ne me trompe pas, il n’y a que deux heures de décalage horaire (car ils sont à l’heure d’hiver là-bas, contrairement aux habitants du Western Australia qui gardent l’heure d’été toute l’année depuis une dizaine d’années).
En attendant le Queensland, je vais rester environ deux semaines dans une autre ferme qui m’a carrément contacté pour savoir si j’étais dispo… J’étais sidéré, je commence à être connu dans le coin ! héhé !


jeudi 14 juin 2012

La chevauchée des fermes

On y est, le cap de la moitié des jours nécessaires à l’obtention d’un second visa WHV a été passé : 54 jours effectués à ce jour. Ce qui signifie qu’il ne m’en reste que 34 à effectuer. Le temps passe plus rapidement que je ne l‘aurais pensé, même si certaines journées peuvent paraître longues, quand il pleut par exemple. Je me souviens de quelques personnes qui disaient « tu verras en hiver ici, il fait froid et il pleut », ouais bah, pour le moment, je préfère encore l’hiver d’ici que l’automne de France ^^ Mais bon, j’ai consulté les statistiques pluviométriques, et effectivement en Juillet on peut constater que le nombre moyen de millimètres de pluie tombée s’accentue grandement. C’est du même genre que novembre en Bretagne : parfois une petite gelée, mais pas souvent ; et surtout de la pluie, des nuages, du vent et des éclaircies.
Bref, quoi qu’il en soit, voici une semaine que j’ai posé mon sac à dos dans une nouvelle exploitation agricole nommée "Lazy River" ; enfin je m’emballe un peu : ça ressemble plus à une petite ferme qu’à une exploitation ! Celle-ci se trouve, au milieu des trois petites villes nommées Boyup Brook, Donnybrook et Collie. Cette ferme qui s’étend sur cinquante ares, est composée d’une maison coquette, d’un hangar, de plusieurs cabanes à outils, nourritures ou foin, de six enclos et d’un manège à chevaux. Deux red dogs australiens surveillent avec attention les éventuels intrus qui pourraient pénétrer sur la propriété ; pas commodes au premier abord, ils s’habituent rapidement à ma présence, me voilà rassuré !! Michelle, la propriétaire des lieux, m’a ensuite présenté à ses animaux : six alpagas dont un petit, et neuf chevaux dont deux poulains. Par contre, pour les races, il va falloir que je révise, parce que je n’ai pas tout compris : je crois que certains sont des Shires d’Angleterre, et d’autres sont des chevaux en provenance des USA.
Première journée début juin : « bon, bah on va fêter les 40 ans du beau-frère, tu viens ? ». Pourquoi pas ! Super sympa de leur part de m’inviter. Et pour l’anecdote : le partenaire de Michelle (qui s’appelle Les) me dit qu’il me paye une boisson à apporter à la soirée (rappelez-vous : en Australie chacun apporte sa propre boisson dans les soirées) ; j’ai l’impression qu’il souhaite que je choisisse quelques bières ! Alors bon, je choisis un pack de 6 bières, puis avant de passer à la caisse, il va le redéposer dans le rayon, pour le remplace par un carton de 24… ok… ça annonce la suite :)
Voilà, j’occupe mes journées entre nourrir les poulains au petit-déjeuner, vérifier le niveau d’eau des abreuvoirs qui ont toujours besoin d’être remplis.
Puis au cours de la journée, c’est débroussaillage, coupe de bois pour le poêle, réparation des clôtures avec enfouissage des câbles, préparation du potager pour l’hiver, etc.
Et enfin je termine ma journée à nourrir à nouveau les poulains, d’autres chevaux, et les chiens.

Ce week-end, j’ai passé le week-end à Perth, à l’occasion de la pendaison de crémaillère de Kerry et de Jean-Gab ! Bien sympa cette soirée, on a bien rigolé (surtout entre français, diraient certains, héhé) ! Et le retour dans le sud a été bouleversé par le « super storm » : En effet depuis dimanche il y a une tempête qui ne cesse d’aller et venir. 16 000 foyers sont privés électricité dans la région où je me trouve. Pas de téléphone non plus pour la plupart. Lundi je devais prendre le train pour le sud, mais il a été remplacé par un bus car la ligne ferroviaire était coupée. Puis arrivé à la gare routière de Collie, je ne pouvais pas joindre Michelle car son téléphone était coupé. J’ai poireauté 4 heures avant qu’on vienne me chercher :) La route pour la ferme n’était pas coupée heureusement. Aujourd’hui mardi, alors que certaines personnes se remettent à peine des très forts vents de dimanche, la région est à nouveau en alerte pour ce soir 21h, la tempête risque d’être aussi dévastatrice. Dans la ferme où je me trouve, nous avions eu de la chance : l’électricité est revenue lundi matin, et la tonalité du téléphone est revenue dans la journée de mardi. Un gros arbre est tombé de l’enclos des poulains et a détruit une clôture, mais c’est grosso-modo les seuls dégâts sur la propriété. Au bulletin d’information, les images rappellent celles de la Vendée : Beaucoup de dégâts un peu partout (mais le bilan est sans doute moins grave). Bref, j’ai du pain sur la planche pour nettoyer toutes souches, branches et feuilles tombés un peu partout.

Ca y est, l’électricité n’est plus, nous sommes dans le noir. Heureusement que j’ai mon ordinateur portable pour rédiger cet article !! Bon allez, on va allumer les bougies, à pluch !!


jeudi 31 mai 2012

A ciao bonsoir !

Il est l’heure de quitter la ferme "Dalmore" d’Emilie, de Daniel, et de leurs jumeaux de leur surnoms Nathy et Olly. J’ai eu un peu de mal à trouver ma destination suivante, car la plupart des fermes de répondent malheureusement pas aux requêtes envoyées par e-mail. Mais il y a quelques jours, Emilie et Dan m’ont garanti que je pouvais rester aussi longtemps que nécessaire jusqu’à ce que je trouve une autre exploitation agricole où me rendre… Il faut dire que l’appréciation qu’ils ont aimablement rédigé à mon égard sur le site internet qui nous a mis en relation est plutôt élogieuse. Sympa de leur part, ça change des appréciations que pouvaient me donner les prof au lycée, surtout celles d’Eliane Labute !!! « Menier tu fais quoi ? ». Bref, voilà qui devrait faciliter ma recherche de fermes à l’avenir.

Beaucoup de choses vont me manquer suite à ce mois passé ici. Travailler ici et partager les dîners avec la famille ont été une bonne expérience culturelle. Emilie, polyglotte, a grandi à Washington DC, puis en Equateur, puis en France, elle a voyagé et travaillé un peu partout sur la planète, entre membre d’une ONG en Afrique, journaliste au Rwanda, et prof de yoga aux USA et en Australie ; et je préfère ne pas compter les voyages touristiques, tellement ils sont nombreux. Sa mère travaille à un poste à haute responsabilité à l’OMS, son père est retraité en France de la Banque Mondiale, et un de ses grands pères était ambassadeur des Etats-Unis, pô trop mal tu vois… Quant à Dan il a immigré depuis les Pays de Galles à l’âge de 8 ans. Il est motivé à 200% par sa nouvelle vie dans la ferme, et ouvert à d’autres cultures (ce qui n’est pas toujours évident pour certains australiens il faut bien le dire ; comme partout je suppose) ; tout ceci a participé à une bonne ambiance. Tout au long des journées de ce mois de Mai, l’atmosphère était plaisante et chaleureuse. Et même si le beau temps joue beaucoup dans ce ressenti, je reste persuadé que cette ferme était comme un petit endroit de paradis, avec sa flore native d’Australie (ou non), ses chevaux, son poney, ses taureaux, ses oies, ses canards, ses cochons, ses moutons, la multitude d’oiseaux colorés volant d’arbre en arbre au dessus de nos têtes, ses couchers de soleil incroyables, etc. Je n'ai malheureusement pas réussi à photographier de mâles oiseaux bleus vifs, ni ces oiseaux à la gorge rouge vif ; cependant je vous partage une petite vidéo des Kookaburras :




Je me souviendrai toujours de la température qu’il faisait un matin au réveil, dans la caravane, 1°C ! Plus une seule goutte d’eau pour faire la vaisselle car gelée. Cette intense sensation les jours où cette fraîcheur polaire guettait mon lever au dessus de la couverture, de la couette et de la 2e couverture. Ces jours aussi où je me faisais réveiller par le chants des Kookaburras hilarants (la première fois, je me suis demandé quel oiseau pouvait avoir un chant ressemblant autant au cri d’un singe !) ; ou encore rien de plus plaisant que de sortir de la caravane avec un bon café chaud entre les mains (mais pas avant 8h, faut pas pousser Mémé dans les orties hein), et faire face, tout comme les deux alpagas non tondus, aux rayons du soleil levant traversant le brouillard épais du matin. Je me souviendrai aussi du bon goût des légumes composés en salade, dont une partie n'a pas été récoltée à temps, et qui m’a par conséquent permis de participer à la refonte des bacs pour semer d’autres légumes de saison ; pour l'heure quelques poules résident temporairement dans ces bacs dans le but de labourer le tout et retirer les éventuelles graines. Ces légumes qui accompagnaient les viandes cuitent au BBQ quasi quotidiens, bœufs et poulets élevés au grand air (free range), de préférence, miam (yumee) ! Je me souviendrai aussi des léchouilles de ces trois beaux toutous adoptés nommés Randy, Ruby et Ben, qui se battaient pour savoir lequel d’entre eux donne le plus d’affection à cette famille. Un bon bain leur ferait du bien, soit dit en passant, car voilà plus d’un an qu’ils n’ont pas été lavés, je peux vous assurer qu’ils sentent bien le chien. Et que dire de toutes les plates-bandes, refaites, autour de la maison, avec ces centaines de bulbes et de graines plantés, c’est sympa de jardiner en grand, au milieu des oiseaux intrigués de savoir ce qu’ils auront au menu d’ici quelques semaines ou mois ! Il faudra installer des grillages (idée pour occuper les prochains renforts « woofeurs » de la ferme). Je me souviendrai aussi du châssis de la caravane, tellement Dan et moi y avons passé de temps pour le poncer et le peindre ; mais ça en valait la peine : le rendu est plutôt réussi ! j’ai aussi poncé une partie des quatre grands réservoirs à essence ainsi que la carcasse métallique du hangar « partagé » (sharing shed) ; alors pourquoi sharing shed ? Parce que ce hangar sert à la fois aux leçons de yoga de madame, aux entraînements de batterie de monsieur, à un espace pour le snooker, à un espace gym/muscu, et au stockage de diverses choses dont des quantités astronomiques de nourriture. Ah oui alors, pour la petite histoire, ces quantités de nourriture contenues dans des seaux scellés ont été accumulées juste avant le passage à l’an 2000 par le père d’Emilie qui habitait alors dans cette ferme avant eux, en précaution des conséquences du bug de l’an 2000. Il pensait, visiblement sincèrement, que le bug informatique annoncé priverait la population de tout, dont les besoins les plus simples : la nourriture. On peut trouver encore aujourd’hui du grain et du riz en quantité, des conserves en tout genre qui se conservent longtemps de préférence, mais périmées depuis tout ce temps. Après coup, ça fait sourire c’est sûr, mais avec tout le tintamarre que la presse a pu faire à cette période, il suffisait d’un zeste de prudence pour jouer à la fourmi ! Aujourd’hui, les seaux sont déversés un à un, jour après jour, dans les enclos des poules et des cochons, qui adorent ça !

Dan a acheté un bouquin cette semaine : « The self sufficiency » (l’auto-suffisance) ou comment faire pour vivre avec le moins de dépenses financières possibles. Je ne l’ai parcouru que rapidement, mais j’ai pu apercevoir certains nouveaux concepts vraiment intéressants, d’autres à la mode aujourd’hui, ou oubliés. Bien sûr, il faut piocher les bonnes idées, car il n’est pas possible de tout mettre en œuvre, mais dans une ferme bio (organic farm), loin de toute ville, il y a un intérêt certain. Je suis déjà impressionné par les solutions mises en place sur cette exploitation depuis des années : 100% de l’eau utilisée et bue provient des conteneurs stockant l’eau de pluie, deux gros poêles chauffent la maison et l’eau avec le bois du bush local, en complément de l’électricité produite par les panneaux solaires et éolienne (bon, une des batteries stockant l’énergie est en panne, alors en attendant de la remplacer, un peu d’électricité provient de la ville pour les appareils électriques). Les trois cochons sont le début d’un élevage à plus grande échelle qui ne servira à priori qu’aux besoins alimentaires de la ferme, idem pour les oies, canards et poules/coqs qui sont déjà une quinzaine chacun. Même en sachant que ça pourrait lui prendre trente ans pour atteindre son objectif,  Dan est ultra motivé. Il met de l’ardeur et de la passion dans son travail tous les jours.

Trente huit, c’est le nombre de jours passés, depuis mi-avril et jusqu’à aujourd’hui, dans les fermes (biologiques de préférence, mais il me semble que les fermes non-bio fonctionnent aussi pour l’extension du visa). Il me reste donc cinquante jours à effectuer, pour le moment je peux dire que ça avance à un bon rythme, et ce n’est pas pour m’en déplaire, car au moins je ne perds pas mon temps, et ça fait partie de la découverte d’une partie des régions excentrées de l’Australie où je souhaitais me rendre. Je verrai dès demain à quoi ressemble la prochaine ferme où je vais me rendre. Je sais déjà qu’elle est beaucoup plus modeste, l’élevage est composé de 8 alpagas et de 5 chevaux, comparés aux 300 moutons et autres bestiaux d’ici, je pense que le décor va changer.

Emilie et Dan. Je vous souhaite de bonnes vacances en France, dans la maison de famille à côté d’Annecy. J'ai passé un mois extraordinaire en votre compagnie. Le travail ici a été un véritable plaisir. Merci pour tout, je me souviendrai toujours de la ferme Dalmore, soyez-en sûr ! A bientôt j'espère !

 

dimanche 6 mai 2012

Thomas à la ferme

Salut tout le monde ! Hi everyone! Comment ça va ? How is it going?

Après la semaine fort sympathique passée auprès de la famille de Troy et d'Heidi, me voici dans l'exploitation agricole de Dan et d'Emilie. Et comme le hasard peut parfois paraître étonnant, celle-ci se trouve à seulement à 5 km de la précédente ! Toujours sur la commune de Bridgetown au sud de Perth, mais à 17 km du bourg, dans un coin bien perdu. L'exploitation s'étend sur environ 80 hectares, et est principalement composée d'un élevage de moutons (70 agneaux de moins de deux ans, 80 femelles, 50 mâles). On peut également y trouver deux alpagas bien épais, en totale liberté, curieux de tout, mais de pas trop prêt, je pourrais mordre ! Trois toutous (deux golden retrievers et un labrador) sont toujours aux alentours à chercher un pigeon avec qui jouer ! Cinq chevaux, et deux taureaux, dont un qui a été élevé dans l'arrière-cuisine de la maison (what ?!), il parait que celui-ci est mignon, mais bon entre nous, vu la tête du taureau aujourd'hui je n'irai pas lui dire bonjour dans le creux de l'oreille ! Et bizarrement aucune vache, toutes vendue lorsqu'ils ont repris la ferme ; c'est à ce demander pourquoi ils ont souhaité conserver les deux bulls !



Mon logement est une caravane, première expérience dans une caravane pour ma part. Il y a tout à bord : réfrigérateur, four, plaques électriques, grille-pain, micro-onde, clim, eau courante, lit (encore heureux !), banquette, table, bouilloire, etc. Tout le nécessaire, voire plus, c'est très bien, mais bon c'est une caravane quoi, je ne partirais pas en vacances avec... ^^ 



Cette fois-ci, les tâches effectuées au sein de la ferme sont plus variées que précédemment, il s'agit de nourrir les 3 cochons, les 15 poules, les 3 dindons, et les 15 canards tous les matins et soirs. Puis au programme avec Dan, nous traitons les moutons contre les vers, transformons un hangar en salle de sport et de musique (Emilie donne des cours de yoga une fois par semaine, Dan est guitariste et batteur), ponçons et peinions, concevons une serre, jardinons, et ramassons les pierres dans les champs afin d'éviter d’abîmer la débroussailleuse. Cinq heures de travail par jour, c'est bien, pas besoin de plus ! (hey, mais je pourrais devenir président de la République dans 10 ans avec ce slogan !).


Et ce ne sont pas leurs jumeaux Oliver et Nathanael qui viendront nous aider. A 13 mois, ils donnent suffisamment d'occupation aux parents dans la journée ! manger, dormir, manger, crier, dormir, pleurer, re-manger... La vie est vraiment dure :-)
Emilie est américano-australienne, née à Washington DC, mais a vécu en Equateur, et pendant quelques temps à côté d'Annecy. Elle parle donc le français couramment, et souhaiterait l'entretenir avec moi, mais nous ne parlons qu'anglais (faut pas pousser mémé dans les orties, j'ai pas fait 15000 km pour parler français ; et puis c'est plus sympa pour Dan qui ne parle pas le français ! Lui est gallois émigré en Australie à l'âge de 8 ans).
J'ai entendu dire que ce soir vous aurez les résultats du non-événement tant attendu par les français ? Hum, après réflexion, je préfère rester dans mon lit bien au chaud plutôt que de m'y intéresser. En plus je n'ai pas pu voter, alors comme ça... Profitez-en bien !